Résumé rapide#
Choisir une agence web, c'est signer pour trois ans de relation, pas pour une livraison. Ce guide donne sept critères dans l'ordre où ils comptent vraiment : le modèle de facturation, le délai réellement garanti, la vérifiabilité du portfolio, la propriété du code, la technologie, le support, et la personne qui répondra à vos courriels.
Écrit par Ready14, qui est elle-même une agence web. Vous devriez donc lire ce qui suit avec un œil critique — et le guide est conçu pour ça : chaque critère se vérifie sans nous croire sur parole.
1. Le modèle de facturation, avant même le prix#
Le montant compte moins que sa structure. Trois modèles dominent le marché montréalais, et ils n'engagent pas du tout au même niveau.
Forfait de projet#
Vous payez un montant fixe à l'avance, souvent 3 000 à 10 000 $ CAD pour un site vitrine, davantage pour du sur mesure. L'hébergement et la maintenance viennent ensuite, en général 100 à 300 $ par mois.
- Bon pour : un besoin précis, défini d'avance, qui ne bougera plus
- Le piège : tout ce qui n'était pas au contrat devient un « hors périmètre » facturé à part. Demandez à voir le taux horaire des modifications avant de signer, pas après
Abonnement mensuel#
Un montant unique par mois qui couvre construction, hébergement, maintenance et modifications. C'est le modèle de Ready14 (99 $ par mois sur 36 mois), et de plusieurs autres.
- Bon pour : lisser la dépense, et garder une relation vivante après la livraison
- Le piège : la durée d'engagement. Trente-six mois à 99 $, c'est 3 564 $ — le comparer à un forfait de 4 000 $ exige de regarder les trois ans, pas le premier chèque
Régie horaire#
Vous payez au temps passé, généralement 85 à 175 $ l'heure à Montréal selon le profil.
- Bon pour : un projet dont personne ne peut définir la fin, ou une équipe interne à renforcer
- Le piège : sans plafond écrit, le budget est théorique. N'acceptez jamais une régie sans montant maximal engageant
La seule comparaison honnête#
Ramenez chaque offre au coût total sur 36 mois, modifications et hébergement compris. Un forfait à 5 000 $ avec 200 $ par mois de maintenance revient à 12 200 $ sur trois ans. Un abonnement à 99 $ revient à 3 564 $. Ce sont ces deux chiffres-là qui se comparent, pas 5 000 contre 99.
2. Le délai : estimation ou garantie#
Toute agence annonce un délai. Très peu l'écrivent dans le contrat.
Posez la question en une phrase : « Que se passe-t-il si vous livrez en retard ? »
- Si la réponse est « on fait tout pour que ça n'arrive pas », vous avez une estimation
- Si la réponse cite une clause, une pénalité ou un remboursement, vous avez une garantie
Les délais typiques à Montréal en 2026 : dix à douze semaines pour un site vitrine en agence classique, trois à six mois pour du sur mesure avec fonctionnalités. Un délai annoncé nettement plus court doit s'expliquer par une méthode — un système de gabarits, un processus de contenu cadré — et pas par de l'optimisme.
Ce qui fait vraiment déraper les délais#
Dans la majorité des projets qui prennent du retard, le blocage n'est pas technique : c'est le contenu. Textes, photos, logo, mentions légales. Demandez à l'agence à quel moment elle a besoin de quoi, et ce qu'elle fait si vous n'êtes pas prêt. Une agence qui a une réponse structurée à cette question a livré des projets. Les autres improvisent.
3. Le portfolio : ce qui se vérifie et ce qui ne se vérifie pas#
Une capture d'écran ne prouve rien. Un site en ligne, oui.
Vérifiez vous-même, en cinq minutes#
- Ouvrez les sites du portfolio — s'ils ne sont plus en ligne, demandez pourquoi
- Testez-les sur votre téléphone, pas sur votre ordinateur
- Passez-les dans PageSpeed Insights de Google — un score mobile sous 50 sur plusieurs sites du portfolio en dit long sur les standards de l'agence
- Regardez le pied de page : l'agence signe-t-elle ses réalisations ? C'est un indice de fierté et de continuité
- Cherchez l'entreprise cliente sur Google — son site apparaît-il en premier sur son propre nom ?
Les avis#
Les témoignages sur le site de l'agence sont choisis par l'agence. Ceux sur sa fiche Google, non. Regardez les deux, et surtout les réponses aux avis négatifs : c'est là qu'on voit comment une entreprise se comporte quand ça va mal, ce qui est exactement l'information qui vous manque avant de signer.
4. Le contrat : propriété, sortie, données#
C'est la section que personne ne lit et qui coûte cher deux ans plus tard. Quatre questions, à poser par écrit.
À qui appartient le site une fois payé ?#
Certains contrats prévoient une licence d'utilisation, pas une cession. Vous payez, mais vous ne possédez pas. Exigez une réponse explicite.
Que se passe-t-il si vous partez ?#
- Récupérez-vous le code source ?
- Récupérez-vous la base de données et les contenus ?
- Le nom de domaine est-il à votre nom, ou au nom de l'agence ?
Ce dernier point est le plus grave et le plus fréquent. Le domaine doit être enregistré à votre nom, avec vos identifiants, même si l'agence le gère au quotidien. Un domaine détenu par un prestataire est un levier de négociation contre vous.
Où vivent vos données ?#
Depuis la Loi 25, une entreprise québécoise doit savoir où sont hébergées les données personnelles qu'elle collecte et qui y a accès. Si l'agence ne sait pas répondre, elle ne vous protège pas.
Qu'est-ce qui est inclus dans « maintenance » ?#
Faites détailler. Mises à jour de sécurité, sauvegardes, correction de bogues, modifications de contenu, ajout de pages : chacun de ces éléments est inclus ou facturé, et le savoir d'avance évite la mauvaise surprise.
5. La technologie : ce que ça change pour vous#
Vous n'avez pas à devenir technicien. Mais trois familles existent et elles n'ont pas les mêmes conséquences.
- WordPress : le plus répandu, le plus de gens capables d'y toucher. En contrepartie, un empilement d'extensions qui exige des mises à jour régulières, et une surface d'attaque réelle si personne ne les fait
- Shopify : excellent pour vendre en ligne, contraignant pour un site vitrine ; vous louez la plateforme
- Sur mesure moderne (React, Next.js) : plus rapide, plus sûr, mais l'agence doit rester joignable — peu de gens reprennent le travail d'un autre sans effort
La bonne question#
Ce n'est pas « quelle technologie ». C'est : « si je ne travaille plus avec vous dans deux ans, qui peut reprendre ce site ? » Une réponse honnête à cette question vaut mieux qu'un argumentaire technique.
6. Le support après la livraison#
Un site n'est pas un livrable, c'est un service qui tourne. Trois choses à faire écrire :
- Le délai de réponse — « on répond vite » n'est pas un engagement, « un jour ouvrable » en est un
- Qui applique les mises à jour de sécurité, et à quelle fréquence
- Les sauvegardes : où, à quelle fréquence, et surtout qui a déjà testé une restauration. Une sauvegarde jamais restaurée est une hypothèse, pas une sécurité
7. Le facteur humain#
Vous allez échanger avec ces gens pendant des mois.
- Parlerez-vous à la personne qui construit, ou uniquement à un chargé de compte ?
- Le service se fait-il en français, y compris le support technique et les documents contractuels ?
- Quel est le canal normal : courriel, téléphone, outil de suivi ? Et le délai de réponse habituel ?
Un signal simple et fiable : le temps de réponse pendant la phase de vente est le meilleur que vous obtiendrez jamais. Il ne s'améliorera pas après la signature.
Récapitulatif des sept critères#
Une question à poser, un signal d'alarme à guetter, pour chacun :
- Facturation — « Combien au total sur 36 mois, tout compris ? » Alarme : refus de chiffrer le total
- Délai — « Que se passe-t-il si vous livrez en retard ? » Alarme : aucune clause écrite
- Portfolio — « Puis-je voir ces sites en ligne ? » Alarme : uniquement des captures d'écran
- Contrat — « Le domaine sera-t-il enregistré à mon nom ? » Alarme : domaine au nom de l'agence
- Technologie — « Qui peut reprendre ce site dans deux ans ? » Alarme : réponse évasive
- Support — « Quel délai de réponse garantissez-vous ? » Alarme : « on est très réactifs »
- Humain — « Qui construit, et qui me répond ? » Alarme : jamais le même interlocuteur
Comment décider#
Retenez trois agences au maximum. Au-delà, vous ne comparez plus, vous accumulez. Demandez aux trois exactement les mêmes éléments par écrit : coût total sur 36 mois, délai contractuel, propriété du code et du domaine, délai de réponse au support.
Les écarts apparaissent tout seuls. Et l'agence qui refuse de mettre par écrit ce qu'elle affirme à l'oral vient de vous donner sa réponse.
Vous cherchez le point de comparaison le plus simple à évaluer ? Un montant unique par mois, un délai de quatorze jours, le code et le domaine à votre nom. Démarrer un projet Ready14